Chaleur de Marrakech et calculs rénaux : bien s’hydrater
Les fortes chaleurs augmentent le risque de calculs. Combien boire, comment répartir ses boissons et quels signes doivent alerter.
Cabinet d’Urologie Victor Hugo
Avec ses étés très chauds et son climat sec une grande partie de l’année, Marrakech est une ville où l’on perd beaucoup d’eau sans toujours s’en rendre compte. Or le manque d’hydratation est l’un des principaux facteurs de formation des calculs urinaires. La bonne nouvelle, c’est que la prévention repose d’abord sur un geste simple : boire suffisamment, et de façon régulière.
Pourquoi la chaleur favorise les calculs
Lorsqu’il fait chaud, le corps transpire pour se refroidir. Cette eau perdue par la peau n’est plus disponible pour les reins : l’urine devient moins abondante et plus concentrée. Les substances qu’elle contient (calcium, oxalate, acide urique) se retrouvent alors en quantité trop importante pour rester dissoutes. Elles forment des cristaux qui, en s’agrégeant, deviennent de petits calculs.
C’est pourquoi les crises de colique néphrétique sont plus fréquentes en été et chez les personnes qui travaillent en extérieur, font du sport sous le soleil ou passent de longues heures sans boire.
Combien boire ?
Il n’existe pas de quantité unique valable pour tout le monde. Pour une personne qui a déjà eu un calcul, l’objectif habituellement recommandé est d’uriner environ 2 litres à 2,5 litres par jour. Pour y parvenir, il faut souvent boire davantage, en particulier pendant les journées chaudes ou en cas d’effort, puisqu’une partie de l’eau est perdue par la transpiration.
Le meilleur repère reste la couleur des urines : elles doivent être claires, jaune très pâle, tout au long de la journée. Des urines foncées, peu abondantes ou à l’odeur forte sont le signe que vous ne buvez pas assez.
Des urines claires tout au long de la journée sont le meilleur indicateur d’une hydratation suffisante.
Attention
Certaines personnes doivent limiter leurs apports en eau : insuffisance cardiaque, insuffisance rénale avancée, certains traitements. Dans ces situations, la quantité à boire doit être fixée par votre médecin.
Bien répartir ses boissons
Boire un litre d’un coup le soir ne remplace pas une hydratation régulière. Les reins ont besoin d’un apport réparti sur toute la journée :
un grand verre d’eau au lever ;
un verre à chaque repas et entre les repas ;
une bouteille toujours à portée de main, au travail comme en voiture ;
un supplément avant, pendant et après une activité physique ou une exposition au soleil ;
un verre avant le coucher, si vous avez déjà eu des calculs et que votre médecin vous l’a conseillé.
Pendant le Ramadan
Le jeûne, surtout lorsqu’il tombe en période chaude, augmente le risque de calcul. Il est important de bien boire entre le ftour et le shour, en répartissant les verres d’eau sur toute la soirée plutôt qu’en une seule fois. Si vous avez déjà eu des crises répétées, parlez-en à votre médecin avant le mois de Ramadan.
Que boire ?
L’eau reste la boisson de référence, qu’elle soit du robinet ou en bouteille. Quelques précisions utiles :
Le thé : le thé à la menthe très sucré et très infusé ne doit pas être votre seule source d’hydratation. Le thé contient de l’oxalate, et le sucre en excès n’est pas recommandé.
Les sodas et boissons sucrées : à limiter, car ils peuvent favoriser certains calculs et le surpoids.
Le jus de citron dilué dans l’eau, sans sucre, peut être un complément intéressant pour certains types de calculs : demandez conseil à votre médecin.
Les eaux minérales : leur composition varie. En cas de calculs connus, votre médecin peut vous orienter vers une eau adaptée.
L’alimentation compte aussi
L’eau ne fait pas tout. Quelques habitudes alimentaires réduisent également le risque de récidive :
limiter le sel, les charcuteries, les plats industriels et les bouillons cubes ;
modérer la viande rouge et les abats ;
manger des fruits et légumes chaque jour ;
ne pas supprimer les laitages sans avis médical : un apport normal en calcium protège souvent contre les calculs d’oxalate de calcium.
Ces conseils sont généraux. Après un premier calcul, l’analyse de sa composition et un bilan sanguin et urinaire permettent d’adapter précisément les recommandations à votre situation.
Les signes qui doivent alerter
Une douleur brutale et violente dans le dos ou le flanc, qui descend vers le bas-ventre ou les organes génitaux, évoque une colique néphrétique. Consultez rapidement.
Urgence
Rendez-vous aux urgences ou appelez le 15 ou le 141 si la douleur s’accompagne de fièvre ou de frissons, si vous n’urinez plus, si la douleur résiste aux antalgiques, ou si vous êtes enceinte ou n’avez qu’un seul rein.
Pour en savoir plus sur le diagnostic et les traitements, consultez notre page consacrée aux calculs rénaux. Après une première crise, une consultation permet de faire le point et de mettre en place une prévention adaptée.
La prostate est une petite glande située sous la vessie, autour du canal par lequel s’écoule l’urine (l’urètre). Elle participe à la production du liquide séminal. Avec l’âge, elle grossit chez la plupart des hommes, et c’est souvent après 50 ans que les premières questions apparaissent : faut-il s’inquiéter de se lever la nuit pour uriner ? Faut-il faire un dosage du PSA ? Voici l’essentiel pour aborder le sujet sereinement.
L’adénome de la prostate : fréquent et bénin
L’augmentation de volume de la prostate liée à l’âge s’appelle l’hypertrophie bénigne de la prostate, ou adénome. Ce n’est pas un cancer et elle ne se transforme pas en cancer. En grossissant, la prostate peut toutefois comprimer l’urètre et gêner l’écoulement de l’urine.
Les symptômes à surveiller
un jet d’urine plus faible ou haché ;
un délai avant que l’urine ne commence à couler ;
l’impression de ne pas avoir complètement vidé la vessie ;
des envies fréquentes, y compris la nuit ;
des envies pressantes, difficiles à retenir ;
quelques gouttes qui s’écoulent après la miction.
Ces troubles ne sont pas spécifiques à la prostate : une infection, un diabète mal équilibré, certains médicaments ou un trouble de la vessie peuvent donner des signes proches. D’où l’importance d’un examen médical plutôt que d’une auto-médication.
Le cancer de la prostate : souvent silencieux
Le cancer de la prostate est l’un des cancers les plus fréquents chez l’homme après 50 ans. À un stade précoce, il ne donne généralement aucun symptôme. Les troubles urinaires sont le plus souvent liés à l’adénome, et non au cancer. C’est pourquoi l’absence de gêne ne suffit pas à écarter la question, et que la présence de troubles ne signifie pas qu’il y a un cancer.
Le dosage du PSA : utile, mais à interpréter
Le PSA (antigène prostatique spécifique) est une protéine produite par la prostate, que l’on dose par une simple prise de sang. Un taux élevé peut faire suspecter un cancer, mais il augmente aussi en cas d’adénome, d’infection de la prostate (prostatite), après une éjaculation récente, un sondage ou certains examens.
Un PSA élevé n’est donc pas un diagnostic : c’est un signal qui conduit, selon le contexte, à refaire le dosage, à réaliser une IRM de la prostate et parfois des biopsies. À l’inverse, un PSA normal ne garantit pas totalement l’absence de maladie.
Une décision partagée
La décision de doser le PSA se prend au cas par cas, après une information claire sur ses avantages et ses limites. Elle est généralement discutée à partir de 50 ans, et plus tôt en cas d’antécédents de cancer de la prostate chez le père ou un frère.
Comment se déroule le bilan ?
La consultation commence par un échange sur vos symptômes, leur retentissement sur votre vie quotidienne, vos antécédents et vos traitements. Selon les cas, le bilan peut comprendre :
un examen clinique, avec un toucher rectal, rapide et peu douloureux, qui renseigne sur le volume et la consistance de la prostate ;
une analyse d’urine pour rechercher une infection ou du sang ;
une prise de sang (PSA, fonction rénale) ;
une échographie pour mesurer la prostate et vérifier que la vessie se vide bien ;
parfois une débitmétrie, qui mesure la force du jet urinaire.
Quels traitements pour l’adénome ?
Tout adénome ne nécessite pas de traitement. Lorsque la gêne est modérée, de simples conseils suffisent souvent : réduire les boissons le soir, limiter le café et l’alcool, ne pas se retenir trop longtemps. Si les symptômes deviennent gênants, des médicaments peuvent faciliter la miction ou réduire le volume de la prostate. Lorsque le traitement médical ne suffit plus ou en cas de complication, une intervention par les voies naturelles (résection endoscopique ou laser) peut être proposée.
Signes d’urgence
Consultez en urgence si vous ne parvenez plus du tout à uriner malgré une forte envie (rétention aiguë d’urine), ou en cas de fièvre avec brûlures urinaires.
Les questions à poser en consultation
N’hésitez pas à préparer vos questions à l’avance. Par exemple :
Mes symptômes sont-ils liés à la prostate ou à autre chose ?
Le dosage du PSA est-il utile dans ma situation ?
Quels sont les avantages et les effets possibles du traitement proposé ?
À quel rythme dois-je être suivi ?
Pour aller plus loin, consultez notre page dédiée à la prostate. Parler de ces troubles n’a rien de gênant : c’est un motif de consultation très courant en urologie.
L’analyse d’urine est l’un des examens les plus prescrits en urologie. Simple et indolore, elle apporte pourtant des informations précieuses, à condition que le prélèvement soit bien réalisé et que les résultats soient correctement interprétés. Voici comment vous y préparer et comment lire votre compte rendu.
Bandelette urinaire et ECBU : quelle différence ?
La bandelette urinaire est un test rapide, réalisé en quelques minutes au cabinet ou à la pharmacie. Elle recherche notamment des globules blancs (leucocytes), des nitrites (produits par certaines bactéries), du sang, du sucre ou des protéines. Elle oriente, mais ne suffit pas toujours.
L’ECBU (examen cytobactériologique des urines) est réalisé au laboratoire. Il compte les cellules présentes dans l’urine, recherche des bactéries, les identifie par une mise en culture et teste leur sensibilité aux antibiotiques : c’est l’antibiogramme. Les résultats sont généralement disponibles en 24 à 48 heures.
Bien réaliser le prélèvement
Un prélèvement mal fait peut être contaminé par les bactéries de la peau et donner un résultat faussement anormal. Quelques règles simples limitent ce risque :
Si possible, recueillez les premières urines du matin, ou des urines restées au moins quatre heures dans la vessie.
Réalisez l’examen avant de commencer un antibiotique, sauf avis médical contraire.
Lavez-vous soigneusement les mains, puis faites une toilette de la région génitale avec le produit fourni par le laboratoire ou à l’eau et au savon.
Éliminez le premier jet d’urine dans les toilettes, puis recueillez la suite dans le flacon stérile, sans toucher l’intérieur du flacon ni du bouchon.
Refermez bien le flacon, notez l’heure du prélèvement et apportez-le au laboratoire rapidement, idéalement dans les deux heures. Sinon, suivez les consignes de conservation du laboratoire.
Bon à savoir
Chez la femme, il est préférable d’éviter le prélèvement pendant les règles, car le sang peut fausser le résultat. Si l’examen ne peut pas attendre, signalez-le au laboratoire.
Lire les principaux résultats
Les leucocytes
Les globules blancs témoignent d’une inflammation des voies urinaires. Leur nombre augmente le plus souvent en cas d’infection, mais aussi parfois en présence d’un calcul ou d’autres maladies. Des leucocytes élevés sans bactérie retrouvée doivent faire rechercher une autre cause, ou un antibiotique pris avant le prélèvement.
Les hématies
Les globules rouges correspondent à la présence de sang, parfois invisible à l’œil nu. Une infection peut l’expliquer, mais un sang persistant dans les urines justifie toujours un avis urologique, même en l’absence de douleur.
La culture et l’antibiogramme
La culture indique si une bactérie est présente, laquelle, et en quelle quantité. Les seuils retenus pour parler d’infection dépendent de la bactérie, du sexe et des symptômes : ils sont interprétés par le médecin. Lorsque plusieurs bactéries différentes sont retrouvées, il s’agit souvent d’une contamination du prélèvement, qu’il faut alors refaire. L’antibiogramme, enfin, permet de choisir un antibiotique efficace.
Une bactérie sans symptôme : faut-il traiter ?
Il arrive que l’ECBU trouve des bactéries chez une personne qui ne ressent aucun symptôme. On parle de colonisation urinaire. Dans la grande majorité des cas, elle ne doit pas être traitée : un antibiotique inutile expose à des effets indésirables et favorise les résistances. Il existe des exceptions, notamment pendant la grossesse ou avant certaines interventions urologiques, que votre médecin vous précisera.
Les erreurs fréquentes à éviter
commencer un antibiotique « restant » avant de faire l’examen ;
utiliser un récipient non stérile ;
garder le flacon plusieurs heures à température ambiante, surtout en été ;
interpréter seul un résultat et décider soi-même d’un traitement.
Ne pas attendre
Si vous avez de la fièvre, des frissons ou une douleur dans le dos associés à des brûlures urinaires, n’attendez pas le résultat de l’ECBU : consultez rapidement.
Apportez toujours vos anciens résultats d’analyse lors de la consultation : leur comparaison est souvent plus parlante qu’un examen isolé. Pour en savoir plus, consultez notre page sur les infections urinaires.
La cystite, c’est-à-dire l’infection de la vessie, est très fréquente chez la femme : beaucoup en connaissent au moins un épisode au cours de leur vie. Pour certaines, les infections reviennent plusieurs fois par an et finissent par peser sur la vie quotidienne. Comprendre pourquoi elles surviennent et adopter quelques habitudes simples permet souvent d’en réduire nettement la fréquence.
Pourquoi les femmes sont-elles plus exposées ?
Chez la femme, l’urètre, le canal qui relie la vessie à l’extérieur, est court et proche de la région anale. Les bactéries de la flore intestinale, en particulier Escherichia coli, peuvent ainsi remonter plus facilement jusqu’à la vessie. Certaines périodes favorisent ces infections : les rapports sexuels, la grossesse, la ménopause (avec la baisse des hormones), ou encore la constipation et un manque d’hydratation.
Reconnaître une cystite
brûlures ou douleurs en urinant ;
envies d’uriner fréquentes et pressantes, pour de petites quantités ;
pesanteur ou douleur au bas-ventre ;
urines troubles ou malodorantes, parfois teintées de sang.
Une cystite simple ne donne habituellement pas de fièvre. La fièvre, les frissons ou une douleur dans le dos, d’un seul côté, évoquent une infection du rein (pyélonéphrite), qui nécessite une consultation rapide.
Quand consulter rapidement
Consultez sans attendre en cas de fièvre, de douleur lombaire, de vomissements, de grossesse, ou si les symptômes ne s’améliorent pas en 48 à 72 heures de traitement.
Quand parle-t-on d’infections récidivantes ?
On parle généralement d’infections urinaires récidivantes à partir de quatre épisodes sur douze mois. Dans ce cas, il est utile de faire le point avec un médecin : confirmer chaque épisode par un ECBU, rechercher un facteur favorisant et, si besoin, réaliser un bilan (échographie de l’appareil urinaire, mesure du résidu après la miction). La plupart du temps, aucune anomalie n’est retrouvée et la prévention repose sur les habitudes de vie.
Les gestes de prévention au quotidien
Boire suffisamment, au moins 1,5 litre par jour et davantage par temps chaud, pour uriner souvent et « rincer » la vessie.
Ne pas se retenir : uriner dès que le besoin se fait sentir, et vider complètement sa vessie.
Uriner après les rapports sexuels, pour éliminer les bactéries qui auraient pu remonter.
S’essuyer d’avant en arrière après être allée aux toilettes.
Lutter contre la constipation : fibres, fruits, légumes et hydratation.
Préférer une toilette intime douce, une fois par jour, sans douche vaginale ni savon agressif, qui perturbent la flore protectrice.
Porter des sous-vêtements en coton et éviter les vêtements trop serrés.
Et la canneberge ?
Les produits à base de canneberge (cranberry) peuvent avoir un intérêt modeste chez certaines femmes sujettes aux récidives. Ils ne remplacent pas un traitement en cas d’infection déclarée. Parlez-en à votre médecin, comme pour tout complément.
Après la ménopause
La baisse des œstrogènes fragilise les muqueuses et favorise les infections. Un traitement local, prescrit par le médecin, peut être proposé dans certains cas.
Un journal simple, où vous notez la date de chaque épisode, les symptômes, le résultat de l’ECBU et le traitement reçu, aide beaucoup le médecin à repérer un facteur déclenchant et à adapter la prévention.
Pourquoi éviter l’automédication
Reprendre un antibiotique « qui avait marché la dernière fois » est tentant, mais risqué. Les bactéries urinaires deviennent de plus en plus résistantes, et un traitement mal adapté peut masquer une infection plus sérieuse. En cas de récidives, l’ECBU avant tout traitement permet de choisir l’antibiotique le plus approprié.
Grossesse
Pendant la grossesse, toute infection urinaire, même sans symptôme, doit être dépistée et traitée selon l’avis du médecin, car elle peut avoir des conséquences pour la mère et l’enfant.
Les infections urinaires répétées ne sont pas une fatalité. Une consultation permet de faire le bilan et de construire avec vous une stratégie de prévention. Retrouvez plus d’informations sur notre page infections urinaires.
Voir ses urines devenir rouges ou rosées est toujours impressionnant. Parfois, le sang n’est pas visible et c’est une analyse qui le révèle. Dans les deux cas, la présence de sang dans les urines, appelée hématurie, est un signe qu’il ne faut jamais négliger, même lorsqu’il disparaît rapidement ou qu’il ne s’accompagne d’aucune douleur.
Deux situations différentes
On distingue l’hématurie macroscopique, visible à l’œil nu (urines rosées, rouges ou couleur « thé »), et l’hématurie microscopique, invisible, découverte sur une bandelette ou une analyse d’urine. L’une comme l’autre mérite une explication.
Une urine rouge n’est pas toujours du sang
Certains aliments comme la betterave, certains médicaments ou colorants peuvent teinter les urines. Chez la femme, un saignement des règles peut aussi contaminer le prélèvement. Une simple analyse d’urine permet de confirmer s’il s’agit réellement de sang.
Les causes possibles
Le sang peut provenir de n’importe quel point de l’appareil urinaire : rein, uretère, vessie, prostate ou urètre. Les causes les plus fréquentes sont :
une infection urinaire, souvent associée à des brûlures et des envies fréquentes ;
un calcul du rein ou de l’uretère, parfois avec une colique néphrétique ;
une hypertrophie de la prostate chez l’homme ;
une tumeur de la vessie ou du rein, plus fréquente après 50 ans et chez les fumeurs ;
une maladie des reins eux-mêmes, en particulier lorsque des protéines sont aussi présentes dans les urines ;
plus rarement, un effort physique très intense ou un traumatisme.
Indolore ne veut pas dire bénin
Une hématurie sans douleur n’est pas forcément moins grave. Au contraire, chez une personne de plus de 50 ans ou fumeuse, elle peut être le premier signe d’une tumeur de la vessie, qu’il est important de diagnostiquer tôt.
Et si je prends un anticoagulant ?
Les médicaments qui fluidifient le sang (anticoagulants, antiagrégants comme l’aspirine) peuvent favoriser un saignement, mais ils n’en sont généralement pas la seule cause. Une hématurie sous traitement doit être explorée comme chez toute autre personne. Surtout, n’arrêtez jamais ce traitement de vous-même : demandez l’avis du médecin qui vous le prescrit.
Le bilan à réaliser
Le bilan est adapté à votre âge, à vos antécédents et au contexte. Il comprend habituellement :
une analyse d’urine (ECBU) pour confirmer le sang et rechercher une infection ;
une prise de sang pour vérifier la fonction rénale ;
une échographie des reins et de la vessie ;
selon les cas, un scanner de l’appareil urinaire ;
souvent, une cystoscopie : l’examen de l’intérieur de la vessie avec une fine caméra introduite par les voies naturelles, sous anesthésie locale.
Ces examens permettent dans la grande majorité des cas d’identifier l’origine du saignement. Lorsqu’une cause bénigne est trouvée, elle est traitée. Lorsqu’une lésion de la vessie ou du rein est découverte, un diagnostic précoce permet souvent des traitements moins lourds.
La cystoscopie inquiète souvent, mais elle est rapide et généralement bien tolérée. Elle reste l’examen de référence pour voir directement l’intérieur de la vessie, car une petite lésion peut échapper à l’échographie.
Quand consulter en urgence ?
Urgence
Rendez-vous aux urgences ou appelez le 15 ou le 141 si le saignement est abondant, si des caillots vous empêchent d’uriner, si vous vous sentez faible ou avez un malaise, ou si le saignement s’accompagne de fièvre ou d’une douleur intense.
En dehors de ces situations, prenez rendez-vous rapidement, même si le sang n’est apparu qu’une seule fois. Notez la date, l’aspect des urines, la présence éventuelle de caillots ou de douleurs, et apportez vos analyses récentes : ces informations aident à orienter le bilan.
Un seul épisode de sang dans les urines suffit pour justifier un avis médical.
Une intervention urologique, même courte et réalisée par les voies naturelles, se prépare. Une bonne préparation rend l’opération plus sûre, limite les risques de report de dernière minute et facilite la récupération. Voici les grandes étapes, de la consultation jusqu’au retour à la maison. Les consignes précises, propres à votre situation, vous seront toujours données par votre chirurgien et votre anesthésiste.
La consultation chirurgicale
C’est le moment de comprendre pourquoi l’intervention est proposée, comment elle se déroule, quels bénéfices en attendre, quels sont les risques et les alternatives possibles. N’hésitez pas à poser toutes vos questions, et à revenir avec un proche si vous le souhaitez. Vous serez informé(e) du lieu de l’intervention : les opérations se déroulent en clinique ou en établissement de soins, et non au cabinet.
La consultation d’anesthésie
Elle a lieu quelques jours avant l’intervention. Le médecin anesthésiste fait le point sur votre état de santé, vos antécédents, vos allergies et tous vos traitements, puis vous explique le type d’anesthésie envisagé (générale ou locorégionale). Apportez :
vos ordonnances et la liste complète de vos médicaments, y compris ceux pris sans ordonnance ;
vos résultats d’analyses et d’imagerie ;
les comptes rendus de vos éventuels suivis (cardiologue, diabétologue…) ;
votre carte de groupe sanguin si vous en avez une.
Les examens avant l’opération
Selon l’intervention, votre âge et votre état de santé, des examens peuvent être demandés : prise de sang, électrocardiogramme, parfois une imagerie de contrôle. En urologie, une analyse d’urine (ECBU) est presque toujours réalisée quelques jours avant : les urines doivent être stériles au moment d’une intervention sur les voies urinaires, sinon un traitement antibiotique est d’abord nécessaire.
Vos médicaments habituels
Certains traitements doivent être adaptés avant une intervention, en particulier ceux qui fluidifient le sang (anticoagulants, antiagrégants plaquettaires comme l’aspirine ou le clopidogrel), les traitements du diabète et certains médicaments de la tension.
Important
N’arrêtez jamais de vous-même un anticoagulant ou un antiagrégant. Un arrêt éventuel, sa durée et son éventuel remplacement sont décidés uniquement sur avis médical, en concertation entre le chirurgien, l’anesthésiste et, si besoin, votre cardiologue.
La veille et le jour de l’intervention
Le jeûne : respectez exactement les consignes de l’anesthésiste concernant l’arrêt de la nourriture, des boissons et du tabac. Elles sont essentielles pour votre sécurité.
L’hygiène : prenez une douche la veille et/ou le matin, selon les consignes de l’établissement. Retirez le vernis à ongles, les bijoux et les piercings.
Les documents : pièce d’identité, documents de mutuelle ou d’assurance, examens, ordonnances, consentement signé si on vous l’a remis.
Le retour : organisez à l’avance la présence d’un accompagnant pour vous ramener. Vous ne devez pas conduire après une anesthésie.
Après l’intervention
Selon l’opération, une sonde urinaire peut être laissée en place quelques heures à quelques jours. Après une intervention par les voies naturelles, il est fréquent d’observer pendant quelques jours des urines légèrement rosées, des brûlures ou des envies pressantes. Si une sonde double J a été posée dans l’uretère, elle peut entraîner une gêne dans le flanc ou la vessie jusqu’à son retrait.
Les conseils habituels pour bien récupérer sont de boire régulièrement, d’éviter les efforts importants et le port de charges lourdes pendant la période indiquée, et de respecter les rendez-vous de contrôle prévus.
Les signes qui doivent faire rappeler
Contactez le cabinet ou l’établissement, ou appelez le 15 ou le 141 en cas de fièvre supérieure à 38,5 °C ou de frissons, d’impossibilité d’uriner, de saignement abondant ou de caillots, de douleur qui augmente malgré les antalgiques, ou de douleur du mollet ou d’essoufflement.
Pour découvrir les différentes techniques utilisées en urologie, consultez notre page interventions. Et si une question vous vient avant ou après l’opération, n’hésitez pas à appeler le cabinet.