Examens, endoscopie, laser, cœlioscopie : voici comment se déroulent les principales techniques utilisées en urologie. Chaque décision repose sur un bilan précis, et chaque intervention vous est expliquée avant d’être programmée.
Où se déroulent les examens et les interventions ?
Le cabinet accueille les consultations et certains examens simples. Les interventions sous anesthésie se déroulent en clinique ou en établissement de soins, jamais au cabinet. Le lieu, la date et les modalités vous sont précisés lors de la consultation.
Consultations et bilans
Tout commence par une consultation : l’écoute de vos symptômes, de vos antécédents et de vos traitements, puis un examen clinique. Les examens complémentaires sont ensuite choisis selon votre situation, pour répondre à une question précise et sans examens superflus.
Examen cliniquePalpation de l’abdomen et des organes génitaux, toucher rectal chez l’homme si nécessaire, toujours expliqué au préalable.
Analyses d’urine et de sangBandelette, ECBU, fonction rénale : recherche d’infection, de sang ou d’anomalie.
Dosage du PSAPrise de sang utile dans le suivi de la prostate, prescrite après information sur ses avantages et ses limites.
DébitmétrieVous urinez dans un appareil qui mesure la force et la durée du jet : un examen simple et non invasif.
ÉchographieReins, vessie, prostate : un examen indolore, sans rayons, souvent réalisé dès la consultation.
Bilan urodynamiqueMesure des pressions dans la vessie pendant son remplissage et sa vidange, utile pour certaines fuites ou difficultés à uriner.
Cystoscopie diagnostiqueUne fine caméra souple introduite par l’urètre, sous anesthésie locale, permet de voir l’intérieur de la vessie en quelques minutes.
L’analyse d’urine reste l’un des examens les plus utiles en urologie.
Imagerie
L’imagerie permet de visualiser les reins, les voies urinaires et la prostate pour localiser un calcul, mesurer un organe ou explorer une anomalie. L’examen le plus adapté est choisi selon la question posée.
Sans rayons
Échographie
Premier examen le plus souvent : reins, vessie, prostate, testicules. Elle permet aussi de mesurer l’urine restant dans la vessie après la miction.
Rayons X
Scanner
Examen de référence pour les calculs (souvent sans injection) et pour explorer le rein et les voies urinaires (uroscanner avec injection).
Champ magnétique
IRM
Utilisée notamment pour la prostate, en cas de PSA élevé, et pour caractériser certaines lésions du rein ou de la vessie.
Le scanner et l’IRM sont réalisés dans un centre d’imagerie lorsque c’est nécessaire. Apportez toujours les images (CD ou clé) et le compte rendu à votre consultation. Signalez une grossesse possible, une allergie ou une insuffisance rénale avant tout examen avec injection.
Endoscopie par les voies naturelles
L’endoscopie consiste à passer par l’urètre, sans aucune incision de la peau, avec une fine caméra et des instruments miniaturisés. Elle se réalise au bloc opératoire, sous anesthésie générale ou locorégionale.
Prostate
Résection endoscopique de la prostate
Pour l’adénome gênant : la partie de la prostate qui comprime le canal est retirée par petits copeaux, afin de libérer le passage de l’urine.
Vessie
Résection endoscopique de vessie
Pour retirer une lésion de la paroi de la vessie et l’analyser au microscope : c’est à la fois un diagnostic et souvent le premier traitement.
Uretère et rein
Urétéroscopie
Un endoscope rigide ou souple remonte jusqu’à l’uretère ou à l’intérieur du rein, le plus souvent pour traiter un calcul.
Après une endoscopie, une sonde urinaire peut être laissée quelques heures à quelques jours, et des urines légèrement rosées sont fréquentes au début. L’hospitalisation est généralement courte, mais sa durée dépend de l’intervention et de votre état de santé.
Laser
Le laser est un outil utilisé au cours d’une endoscopie : une fibre très fine, passée dans l’endoscope, délivre une énergie précise sur le calcul ou sur le tissu à traiter.
Calculs
Fragmentation des calculs
Au cours d’une urétéroscopie, le calcul est fragmenté en petits morceaux ou réduit en fine poussière, éliminés ensuite dans les urines ou retirés. Une sonde double J peut être laissée temporairement.
Prostate
Traitement de la prostate
Pour certains adénomes, le laser permet de retirer ou de vaporiser le tissu qui gêne l’écoulement de l’urine, avec un saignement souvent limité. Il peut être intéressant chez certains patients sous traitement anticoagulant.
Le laser n’est pas adapté à toutes les situations. Le choix entre laser et autre technique dépend de la taille du calcul ou de la prostate, de vos antécédents et de l’équipement de l’établissement où se déroule l’intervention.
Cœlioscopie
La cœlioscopie permet d’opérer à l’intérieur de l’abdomen par quelques petites incisions de 5 à 12 millimètres environ. Une caméra et des instruments longs et fins y sont introduits ; le chirurgien opère en regardant un écran.
Pour quelles interventions ?
Certaines chirurgies du rein : ablation partielle ou totale du rein, selon les cas
Correction d’un rétrécissement à la sortie du rein (jonction pyélo-urétérale)
Traitement de certains kystes du rein
D’autres interventions urologiques, lorsque l’indication le permet
Ce que l’on peut en attendre
Des cicatrices plus petites
Souvent moins de douleur après l’opération
Une reprise des activités souvent plus rapide
La cœlioscopie n’est pas toujours possible. Pendant l’opération, le chirurgien peut aussi décider de passer à une incision classique si c’est plus sûr pour vous : cette éventualité est expliquée à l’avance.
Chirurgie mini-invasive ou ouverte ?
Aujourd’hui, une grande partie des interventions urologiques est réalisée par des techniques mini-invasives. La chirurgie ouverte, par une incision classique, garde pourtant sa place : le but est toujours de choisir la technique la plus sûre et la plus efficace pour vous.
Endoscopie, laser, cœlioscopie
Chirurgie mini-invasive
Pas d’incision ou de petites incisions
Hospitalisation souvent plus courte
Récupération souvent plus rapide
Incision classique
Quand la chirurgie ouverte reste nécessaire
Lésions très volumineuses ou difficiles d’accès
Reconstructions complexes des voies urinaires
Antécédents de chirurgie ou anatomie particulière
Certaines situations d’urgence
Aucune technique n’est sans risque. Lors de la consultation, les bénéfices attendus, les risques possibles et les alternatives vous sont présentés, afin que la décision soit prise avec vous.
Avant et après une intervention
Une intervention se prépare en plusieurs étapes. Les consignes précises vous sont toujours données par le chirurgien, l’anesthésiste et l’établissement de soins.
Consultation d’anesthésie
Quelques jours avant : bilan de votre état de santé, de vos allergies et de vos traitements, choix du type d’anesthésie.
Examens préopératoires
Prise de sang, analyse d’urine (les urines doivent être stériles), parfois électrocardiogramme ou imagerie.
Vos traitements
Anticoagulants, antiagrégants, traitements du diabète : un arrêt éventuel se décide uniquement sur avis médical.
Le jeûne
Respectez exactement les horaires d’arrêt de la nourriture, des boissons et du tabac donnés par l’anesthésiste.
La sonde
Selon l’intervention, une sonde urinaire peut être laissée en place quelques heures à quelques jours.
Le retour à domicile
Prévoyez un accompagnant, ne conduisez pas, buvez régulièrement et évitez les efforts pendant la période indiquée.
Contactez le cabinet, l’établissement ou les urgences si :
Vous avez de la fièvre (plus de 38,5 °C) ou des frissons
Vous n’arrivez plus à uriner, ou la sonde ne s’écoule plus
Le saignement est abondant ou contient des caillots
La douleur augmente malgré les antalgiques
Vous ressentez une douleur au mollet ou un essoufflement
Non. Le cabinet accueille les consultations et certains examens simples. Les interventions sous anesthésie ont lieu en clinique ou en établissement de soins, qui vous est indiqué lors de la consultation.
Elle est réalisée avec un endoscope souple et un gel anesthésiant. Elle peut être un peu inconfortable, mais elle est courte et généralement bien tolérée. Une légère brûlure en urinant est possible pendant un ou deux jours.
La durée varie selon la situation, de quelques jours à quelques semaines. Elle doit impérativement être retirée ou changée à la date prévue : ne manquez pas ce rendez-vous.
Cela dépend de l’intervention, de votre état de santé et de votre activité professionnelle. Un délai indicatif vous est donné avant l’opération, puis ajusté lors de la consultation de contrôle.