Cystite, pyélonéphrite, prostatite

Infections urinaires

Très fréquentes, surtout chez la femme, les infections urinaires se soignent bien lorsqu’elles sont traitées correctement. L’essentiel : le bon antibiotique, au bon moment, et la recherche d’une cause quand elles se répètent.

Flacons de prélèvement d’urine prêts pour l’analyse

Définition

Une infection urinaire est due à la multiplication de bactéries, le plus souvent venues de l’intestin (comme Escherichia coli), dans des voies urinaires normalement stériles. Les femmes sont plus exposées en raison de la faible longueur de leur urètre.

On distingue plusieurs situations, dont la gravité et le traitement diffèrent :

Vessie

Cystite simple

Infection de la vessie chez une femme sans facteur de risque particulier : brûlures, envies fréquentes, sans fièvre. Elle est bénigne mais gênante.

Vessie

Cystite récidivante

On parle de récidive à partir de quatre épisodes par an environ. Elle justifie un bilan pour rechercher une cause favorisante et un programme de prévention.

Rein

Pyélonéphrite

Infection qui remonte jusqu’au rein : fièvre, frissons, douleur lombaire d’un côté. Elle nécessite un traitement rapide et parfois une hospitalisation.

Homme

Prostatite

Chez l’homme, une infection urinaire avec fièvre touche souvent la prostate. Elle demande un antibiotique adapté pendant plusieurs semaines et une recherche de cause.

Deux situations sont à part. Chez la femme enceinte, toute infection, même sans symptôme, doit être dépistée et traitée car elle peut se compliquer et retentir sur la grossesse. Chez l’enfant, une infection urinaire, surtout avec fièvre, doit faire rechercher une malformation des voies urinaires : voir la page Urologie pédiatrique.

Symptômes

Les signes d’une infection de la vessie sont souvent caractéristiques. La fièvre et la douleur du dos doivent faire penser à une atteinte du rein ou de la prostate.

  • Brûlures en urinant
  • Envies d’uriner fréquentes et pressantes, pour de petites quantités
  • Urines troubles, malodorantes, parfois teintées de sang
  • Douleur ou pesanteur au bas du ventre
  • Fièvre, frissons et douleur lombaire d’un côté (rein)
  • Chez l’homme : fièvre, difficulté à uriner, douleur du périnée (prostate)

Diagnostic

Le diagnostic repose sur les symptômes et sur l’analyse des urines. L’imagerie est réservée aux infections compliquées, masculines ou récidivantes.

  1. Bandelette urinaire

    Test rapide trempé dans l’urine, qui recherche des globules blancs et des nitrites. Négative, elle rend l’infection peu probable chez la femme ; positive, elle oriente mais ne suffit pas toujours.

  2. ECBU

    L’examen cytobactériologique des urines identifie la bactérie et teste sa sensibilité aux antibiotiques (antibiogramme). Il est indispensable dans les formes compliquées, chez l’homme, la femme enceinte et en cas de récidive.

  3. Échographie

    Échographie des reins et de la vessie, parfois de la prostate, pour rechercher un obstacle, un calcul ou une vessie qui se vide mal. Un scanner est demandé dans certains cas.

Bien réaliser le prélèvement d’ECBU

  1. Faites le prélèvement avant de prendre tout antibiotique, de préférence sur les urines du matin ou au moins quatre heures après la dernière miction.
  2. Lavez-vous soigneusement les mains, puis faites une toilette intime à l’eau et au savon ou avec la lingette fournie par le laboratoire, de l’avant vers l’arrière.
  3. Éliminez le premier jet dans les toilettes, puis recueillez la suite des urines dans le flacon stérile, sans toucher l’intérieur du flacon ni du bouchon.
  4. Fermez bien le flacon, notez l’heure et apportez-le au laboratoire dans l’heure, ou conservez-le au réfrigérateur (au maximum quelques heures).
Mains gantées manipulant des tubes d’analyse au laboratoire
Un prélèvement bien fait évite les résultats faussés par une contamination.

Traitements et interventions

Le traitement repose sur un antibiotique choisi selon le type d’infection, le terrain et, chaque fois que possible, le résultat de l’antibiogramme. Sa durée varie de une dose unique à plusieurs semaines.

Cystite simple

Traitement court

Un antibiotique en prise unique ou sur quelques jours suffit le plus souvent. Les symptômes peuvent persister un à deux jours après la prise.

Rein, prostate

Traitement prolongé et adapté

La pyélonéphrite et la prostatite nécessitent un traitement plus long, adapté à l’antibiogramme, avec un contrôle de l’évolution. Une hospitalisation est parfois nécessaire.

Obstacle

Drainage en urgence

Si l’infection est associée à un rein bloqué (calcul) ou à une rétention d’urine, l’urine doit être drainée rapidement (sonde ou néphrostomie), en plus des antibiotiques.

Récidives

Recherche et traitement de la cause

Calcul, adénome de la prostate, vessie mal vidée, prolapsus, constipation : traiter la cause est souvent la clé. Des mesures préventives, voire un traitement préventif, peuvent être proposés.

Jamais d’automédication. Prendre un antibiotique « qui restait à la maison », ou l’arrêter dès que les symptômes s’améliorent, favorise les rechutes et l’apparition de bactéries résistantes. Respectez la durée prescrite.

Prévenir les récidives

Quelques habitudes simples réduisent nettement le risque de nouvelle infection :

  • Bien s’hydrater : boire régulièrement dans la journée, davantage par forte chaleur, pour uriner souvent et « rincer » la vessie.
  • Ne pas se retenir : uriner dès que l’envie se présente, en prenant le temps de bien vider la vessie.
  • Uriner après les rapports sexuels, qui favorisent la remontée des bactéries.
  • Hygiène intime douce : toilette de l’avant vers l’arrière, savon doux, une fois par jour ; éviter les douches vaginales et les produits parfumés.
  • Lutter contre la constipation, qui favorise la prolifération des bactéries intestinales près de l’urètre.
  • Privilégier les sous-vêtements en coton et éviter les vêtements trop serrés.
  • Certains compléments (comme la canneberge) ou un traitement préventif peuvent être discutés avec votre médecin selon votre situation.

Quand consulter ?

Consultez en urgence si :
  • Vous avez de la fièvre avec une douleur dans le dos ou le flanc
  • Vous avez des frissons, des vomissements ou vous vous sentez très affaibli(e)
  • Vous êtes un homme et avez de la fièvre avec des signes urinaires
  • Vous êtes enceinte et avez des signes urinaires, même sans fièvre
  • Vous n’arrivez plus à uriner

Appelez le 15 ou le 141, ou rendez-vous aux urgences.

Prenez rendez-vous au cabinet en cas d’infections répétées, de symptômes qui persistent malgré le traitement, de sang dans les urines, ou après une pyélonéphrite ou une prostatite, afin de rechercher une cause et de mettre en place une prévention adaptée.

Questions fréquentes

Certaines cystites simples s’améliorent spontanément, mais le risque est que l’infection remonte vers le rein. Il est donc préférable de demander un avis médical rapidement, surtout si les symptômes durent ou s’aggravent.

Chez l’homme, l’infection touche souvent la prostate, où les antibiotiques pénètrent moins bien. Le traitement est donc plus long, et il faut rechercher une cause (adénome, rétention, calcul, rétrécissement de l’urètre).

Ce n’est pas nécessaire après une cystite simple qui a guéri. Un contrôle est en revanche demandé chez la femme enceinte, en cas de symptômes persistants et dans certaines infections compliquées, selon l’avis du médecin.

Une cystite n’est pas une infection sexuellement transmissible et ne nécessite pas de traiter le partenaire. En revanche, certaines infections de l’homme (urétrite) peuvent être d’origine sexuelle : votre médecin vous indiquera la conduite à tenir.

Chez une femme ayant une cystite simple, la bandelette associée aux symptômes peut suffire. Chez l’homme, la femme enceinte, en cas de fièvre ou de récidive, un ECBU est indispensable pour identifier la bactérie et choisir l’antibiotique.

Besoin d’un avis spécialisé ?

Le Dr Wakrim vous reçoit au Cabinet d’Urologie Victor Hugo à Marrakech pour un diagnostic précis et une prise en charge adaptée.

Les informations de ce site ne remplacent pas une consultation médicale. En cas d’urgence, appelez le 15 ou le 141.