Lithiase urinaire

Calculs rénaux et colique néphrétique

Fréquents à Marrakech en raison de la chaleur, les calculs urinaires se traitent aujourd’hui le plus souvent sans incision. L’essentiel : soulager la crise, éliminer le calcul et éviter qu’il ne revienne.

Échographe utilisé pour visualiser les reins

Définition

Un calcul urinaire est un petit « caillou » formé par la cristallisation de substances présentes dans l’urine : calcium, oxalate, acide urique, phosphate ou cystine. Il naît le plus souvent dans le rein, puis peut descendre dans l’uretère, le fin canal qui relie le rein à la vessie.

Tant qu’il reste dans le rein, le calcul passe souvent inaperçu. Lorsqu’il se bloque dans l’uretère, l’urine ne s’écoule plus normalement, le rein se dilate et la douleur apparaît : c’est la colique néphrétique.

Les principaux facteurs favorisants sont le manque d’hydratation, la chaleur, une alimentation trop salée ou trop riche en protéines animales, le surpoids, certaines maladies métaboliques et les antécédents familiaux. Sans prévention, le risque de récidive est important.

Symptômes

Un calcul peut ne donner aucun symptôme et être découvert par hasard à l’échographie. Lorsqu’il migre, les signes sont souvent typiques :

  • Douleur brutale et très intense dans le dos ou le flanc
  • Douleur qui descend vers l’aine ou les organes génitaux
  • Agitation : aucune position ne soulage
  • Sang dans les urines
  • Nausées, vomissements
  • Envies fréquentes et pressantes d’uriner

Diagnostic

Le diagnostic repose sur l’examen clinique et l’imagerie. Il permet de connaître la taille, la position et parfois la nature du calcul, éléments qui guident le traitement.

  1. Examen et analyses

    Interrogatoire, examen clinique, analyse d’urine (recherche de sang et d’infection) et prise de sang pour vérifier la fonction rénale.

  2. Imagerie

    Échographie des reins et de la vessie ; le scanner sans injection reste l’examen de référence pour localiser précisément le calcul.

  3. Bilan de la cause

    Analyse du calcul expulsé lorsqu’il est récupéré, et bilan sanguin et urinaire pour comprendre pourquoi il s’est formé.

Traitements et interventions

Le choix dépend de la taille du calcul, de sa localisation, de sa composition et de vos symptômes. Beaucoup de petits calculs s’éliminent seuls ; les autres sont traités par des techniques mini-invasives.

Petits calculs

Traitement médical et surveillance

Antalgiques, anti-inflammatoires et parfois un médicament qui facilite la descente du calcul. Une bonne hydratation et un filtrage des urines permettent de le récupérer.

Sans incision

Urétéroscopie souple au laser

Une fine caméra passe par les voies naturelles jusqu’au calcul, qui est fragmenté au laser. Une sonde (dite « double J ») peut être laissée quelques jours.

Sans incision

Lithotritie extracorporelle

Des ondes de choc appliquées à travers la peau fragmentent le calcul, dont les morceaux sont ensuite éliminés dans les urines. Indiquée pour certains calculs du rein.

Gros calculs

Néphrolithotomie percutanée

Pour les calculs volumineux du rein : un accès direct de quelques millimètres à travers le dos permet de fragmenter et retirer le calcul.

En cas de colique néphrétique avec fièvre ou de rein bloqué, le rein doit d’abord être drainé en urgence (sonde ou néphrostomie). Le calcul est traité dans un second temps.

Prévention des récidives

  • Boire régulièrement tout au long de la journée, davantage en été et lors d’efforts, pour obtenir des urines claires.
  • Limiter le sel, les charcuteries, les plats industriels et les sodas.
  • Modérer les protéines animales (viande rouge, abats).
  • Ne pas supprimer le calcium (laitages) sans avis médical : il protège souvent contre les calculs d’oxalate.
  • Adapter les conseils au type de calcul, connu grâce à son analyse.
Minaret de la Koutoubia à Marrakech sous un ciel bleu
À Marrakech, la chaleur augmente les pertes en eau : pensez à boire plus.

Quand consulter ?

Consultez en urgence si :
  • La douleur s’accompagne de fièvre ou de frissons
  • Vous n’urinez plus
  • La douleur ne cède pas malgré les antalgiques ou les vomissements empêchent de les prendre
  • Vous êtes enceinte, n’avez qu’un seul rein ou êtes greffé(e)

Appelez le 15 ou le 141, ou rendez-vous aux urgences.

Prenez rendez-vous au cabinet après une première crise, en cas de calcul découvert à l’échographie, de sang dans les urines ou de crises répétées, afin de faire le bilan et de prévenir les récidives.

Questions fréquentes

Oui, beaucoup de petits calculs (quelques millimètres) s’éliminent spontanément en quelques jours à quelques semaines. Une surveillance est nécessaire pour vérifier que le rein n’est pas bloqué trop longtemps.

Pendant la crise, il n’est pas recommandé de forcer sur les boissons, car cela peut augmenter la pression dans le rein et la douleur. Buvez normalement selon votre soif ; l’hydratation abondante est surtout utile en prévention.

C’est un fin tube souple placé à l’intérieur de l’uretère, entre le rein et la vessie, pour assurer l’écoulement de l’urine. Il est invisible de l’extérieur et retiré quelques jours à quelques semaines plus tard, selon les cas.

Le risque de récidive est réel. Il diminue nettement avec une bonne hydratation et des conseils adaptés au type de calcul, d’où l’intérêt d’un bilan après la première crise.

Besoin d’un avis spécialisé ?

Le Dr Wakrim vous reçoit au Cabinet d’Urologie Victor Hugo à Marrakech pour un diagnostic précis et une prise en charge adaptée.

Les informations de ce site ne remplacent pas une consultation médicale. En cas d’urgence, appelez le 15 ou le 141.